18/10/2007JE : JOURNAL INTIME PUBLICHier soir, en discutant avec C., j'ai repensé à un article que j'avais écrit, il y a quelques temps, sur un ancien blog... le voici :
de la communication méta-relationnelle indirecte
Le journal intime public comme moyen de communication indirect.
Le problème principal s'ancre donc autour du but recherché, dans la publication de son journal intime.
Il ne s'agit pas là de publier ses mémoires, ni son autobiographie, ou un roman autobiographique. Le but, ici, n'est évidemment pas littéraire. Peut-être est-il psychanalytique, en ce sens qu'il permet une livrance de soi vers un autre inconnu, qui, la plupart du temps, ne porte pas un jugement, mais permet, de par sa simple (présence potentielle/ existence) une orientation plus ou moins inconsciente du discours.
Le problème est ici en fait double, car, en plus de cet inconnu imprésent, inconscient et nécessairement incompétent, c'est l'ensemble [du groupe social (pour les blog orientés \ communautaire) et des connaissances à qui l'accès en a été fourni (en première ou en seconde main)] du cercle (du moins un minimum concerné) qui a accès à la lecture (attendue, soyons honnête).
L'écriture du journal intime, originellement prévue pour le seul écrivain, devient publique, et donc son contenu n'en peut être que totalement bouleversé, encore plus si l'alter-individu \ objet du journal (à mettre en opposition avec l'auto-individu écrivain) a conscience de l'existence (et même plus : conscience ET accès).
Alors seulement un peu comme une confessions impudique, le journal devient moyen de communication du (futur) couple (il ne s'agit pas ici de restreindre la réflexion autour du concept abstrait de couple amoureux, même si mon expérience personnelle tourne autour (mais pas seulement, loin de là) de ce concept la).
Le journal intime public : moyen d'action méta-communicationnel
Reste encore à analyser en quoi ce moyen de communication nouveau (pas si nouveau que ça mais, nous diront donc plus correctement parlant : moyen de communication nouvellement institutionnalisé) peu induire un comportement différent dans les rapports (humains / amoureux).
Premièrement on développera le fait que sa lecture par l'alter-individu entraine une méta communication (discussion sur la communication) parfois anticommunicationnelle, car elle prend le pas (évidemment car elle est moins invasive, moins perturbante, moins dérangeant, et surtout moins directe et donc simplifiée). Cette méta-communication, si elle existe dans toute relation (amicale, amoureuse, de travail), prend ici un visage particulier car elle se fait a posteriori et dans l'intimité de l'individu, par ce moyen indirect que constitue l'écrit. En effet, l'un va ne prendre conscience des (sensations / sentiments) de l'autre qu'à travers ce média que constitue l'internet, ainsi qu'il prendra conscience des (critiques / commentaires) insérés par d'autres lecteurs exo-relationnels, mais dont il peut facilement imaginer qu'ils furent, chacun à leur manière, impliqués a priori dans la relation (le fameux briefe pré-(entretient / rendez-vous), faisant d'eux, par essence, des interlocuteurs méta-relationnels privilégiés.
De l'incidence de l'existence du journal intime public sur les rapports écrivains / objet du discours.
L'objet du discours va donc prendre connaissance d'une part, des sensation de l'écrivain, et d'autre part des commentaires des lecteurs, ce qui, on peut l'imaginer, va induire chez lui un stress non négligeable, dû principalement au fait qu'il sait que l'on a parlé de lui. Et s'il est quasi certains que l'on ait parlé de lui, le fait de prendre connaissance des termes exacts dans lesquels on a pu le faire amplifie ce sentiment de stress. Amplifié d'autant plus par deux autres facteurs : l'enjeu de la relation et le fait que l'objet du discours ait lui aussi ou non un journal intime public qui fasse le pendant de celui de l'écrivain, car alors, si c'était le cas, son statut d'écrivain lui permettrait d'exercer un "droit de réponse facilité.
Car, si l'objet du discours peut se faire commentateur de l'écrivain duquel il est l'objet de prédilection, l'espace virtuel (tout entier gagné à la cause de l'écrivain) devient alors pour lui un espace hostile. Pourtant, dans le cadre d'une phase pré-relationnelle, le fait même que l'écrivain se sente dans ce moment bien spécifique devrait indiquer à l'objet du discours que les écrits du journaliste intime ne sont pas hostiles. Bien plus le sont généralement les commentaires, vis-à-vis de celui qui ne se comporte (évidemment) pas comme ils le voudraient.
Le journal intime public : indirect et parasité.
C'est donc une communication indirecte ET parasitée qui s'opèrere entre l'écrivain de soi (même si dans ce cas précis de lui-centrisme, l'écrivain de soi devient écrivain de lui, ou du moins écrivain de lui par soi ou de soi par lui) et l'objet du discours, parasité car indirect dans un premier temps, et dans un second temps parasité par la pénétration de commentaires méta-relationnels, qui plus est généralement acquis à la cause de l'écrivain.
Reste à savoir si ce parasitisme ne peut pas être créateur de discussion méta-relationnelle directe : c'est par l'intermédiaire du journal intime public ET commenté que va s'opérer le "déclic" qui permettra au couple quel qu'il soit d'arriver à la discussion méta-relationnelle directe et orale.
Pour en revenir à la cause même de la création du journal intime public, il faudrait s'attacher à réfléchir au besoin exprimé par l'écrivain d'être jugé par lui-même et donc par les autres, en sachant (et je parle de moi) que parfois, le jugement de soi par soi-même doit forcément passer par un phase de jugement de soi par les autres.
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18/10/07 - 20:15
par discrétion, je ne lis jamais les journaux intimes,
je n'ai donc pas lu ton texte! ;°)
lllll