LE SQUARE
Je suis passé devant le Square, ce soir. En rentrant du café vert, après la place des Vosges. Le Square, où j'ai passé tellement de temps, au début de l'année 2002, entre les mois de janvier et de mars. Le Square, c'est un petit café. Un tout petit café. Aux relents d'Auvergne et de province.
Au Square, il y avait Michel, et George, avec leur petit verre de vin blanc. Un Bourgogne aligoté. Il y avait Jeanne, la serveuse, et puis moi, quelques part dans le café, avec mon petit carnet doré. J'en ai écrit des pages, au Square. Toutes déchirées, perdues, brûlées, jetées, par terre, à la poubelle, et sur les trottoirs de la rue de Turennes.
Ce soir, il n'y avait personne. Il était une heure du matin.
Demain, j'y retournerai. Prendre un petit verre de Bourgogne aligoté, et voir si Jeanne, Michel et George sont toujours là.
Le Square, c'est un peu la métaphore de mes relations. Pendant quelques mois, quelques années, je prends des habitudes, je fréquente un certains milieu. Je m'enferme dans un certains confort. Un jour, le confort disparait, et puis j'oublie.
Et puis, quelques années plus tard, je repasse là où j'en ai rencontré un, là ou j'ai embrassé l'autre, la où j'ai fait l'amour avec un troisième. Et je me rappelle. J'y retourne souvent le lendemain, mais la nuit aura, comme à son habitude, effacé mes souvenirs.
Ma vie s'écrit, puis elle s'oublie, comme ceux qui l'ont composée...
03/01/08 - 08:00
"La main qui efface est celle qui écrit"
(aporie jolie, pas de moi)
mayhem