Pour gagner en efficacité, sans perdre en tolérance. Pour moi, c'est le meilleur slogan jamais inventé. C'est un peu ma devise aussi. Mais c'est vrai que sans la pilule du bonheur, c'est un peu dur. Heureusement, maintenant, j'ai mon clonazepam!

J'écoute : Strauss
Je regarde : le mur
Je lis : il casellante
Je joue : avec mon panda
Je mange : rien
Je bois : du thé
Je cite : gracq
Je pense : a demain
Je rêve : de demain
(mis à jour mardi 29 juillet 2008 à 09:51)

22/01/2008

22/01/08 - 15:20

LA FEMME SANS OMBRE




Il est de ces opéras, parfois, dont on sait que l'on s'en souviendra toute sa vie. La femme sans ombre, de Richard Strauss, dirigé par Gustav Kuhn et mis en scène par Robert Wilson est indéniablement un de ceux-ci. Pourquoi?

D'abord, la musique de Richard Strauss, très justement interprétée par l'orchestre de l'opéra de Paris, est belle. c'est très subjectif, mais je l'ai trouvé sublime, toujours juste et prenante, parfois presque angoissante. Cette angoisse latente qui surgit de cette musique, le livret de Hugo von Hofmannsthal nous la fait ressentir aussi. Mais c'est surtout la mise en scène de Robert Wilson qui donne cohésion à cette ensemble lyrique.
On a l'habitude des "wilsonnerie", des mouvements hiératiques des chanteurs, des décors minimalistes, d'une mise en scène toujours très (trop?) simple. Mais dans ce cas précis, cette simplicité a un sens.

Quel est l'argument de cet opéra, qu'il faut absolument connaître pour en extraire l'essence. Une impératrice et son mari, mi-dieu mi-humain, et la nourrice de l'impératrice un peu magicienne. Une teinturière, et son mari, Barak. Pour éviter à son mari de devenir pierre, l'impératrice, qui n'a pas d'ombre doit acheter celle de la teinturière, qui pour cela, doit renoncer à la maternité. L'impératrice, conscience de la pauvre condition des hommes renonce à priver la femme de la maternité, et, récompensée, délivre son mari du maléfice.

Au sortir de la guerre qui a bouleversé la société viennoise (La première de l'opéra a eu lieu en 1919), Strauss et son librettiste favoris nous présentent une fable humaniste, ou les Dieux ne sont plus les supérieurs des humains. par l'intermise de l'impératrice, ils deviennent protecteurs.

C'est un opéra plein de symbole, que l'on relie sans peine à la flûte enchanté de Mozart. Un opéra qui montre que même si de naissance les individus ne sont pas parfaits, avec l'expérience, ils peuvent s'améliorer, s'humaniser même dans ce cas précis.

La mise en scène de Robert Wilson va dans ce sens. Esthétiquement parfaite, les mouvements minimalistes du premier acte laissent place au second, puis au troisième, à une explosion de sentiments corporels (explosion... restons modestes, cela reste du wilson). Le choix des accessoires et des représentations (le faucon, la boule, l'escalier) est toujours pertinent. A part une sculpture égyptienne qui traverse la scène on ne sait trop pourquoi, tout est juste.

L'interprétation des chanteurs est sans faille, mis à part Jon Villars qui ne devait pas être en grande forme ce soir là. Concernant l'orchestre, à part un ou deux couacs des cors, et un premier violon soliste franchement faux par moment, la puissance de l'écriture de Strauss était toujours très justement bien rendu.

Un opéra pas facile musicalement parlant, mais qui dans sa globalité, par sa cohérence et l'émotion qu'il procure, doit absolument être vu.

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