AVANCEE-RECUL
Un couloir. Sombre. Derrière, on distingue une faible lueur verte. Devant, noir complet. Une musique lancinante et à peine audible rajoute à cet espace une dimension particulière.
On remarque, au fond, un lavabo. Au dessus de ce lavabo, un vieux miroir, piqué, dans lequel il semble impossible de voir son reflet. Du robinet, ancré directement dans le mur, coule un mince filet d'eau.
Au milieu, un homme, debout, adossé au mur, sur un seul pied, regarde le plafond, à l'exact endroit ou le couloir semble se resserrer. Il porte une chemise verte, ouverte, et costume sombre. Il ne porte qu'une chaussure. l'autre pied est nu.
Devant, un pot en terre, noir lui aussi. On distingue flottant au dessus, un filet de fumée grise, éclairée, depuis l'intérieur du pot, par la même lumière verte qui baigne le fond du couloir.
Suivant la musique, l'homme glisse petit à petit le long du mur. Doucement, presque imperceptiblement, il se retrouve assis. Puis, toujours aussi lentement, il s'allonge sur le sol, et se recroqueville sur lui-même.
En glissant, il laisse derrière lui, dessinée sur le mur, une trace indescriptible, qui semble une écriture. Les traits, fins, deviennent grossiers au fur et à mesure que l'homme glisse.
Par un phénomène d'anamorphose, il est impossible aux spectateurs de lire la phrase ainsi composée sur le mur.
Noir.