RUPTURE
Il regardait ses pieds, et moi, je regardais les miens. Il y avait comme une gêne, car nous savions tous deux ce qui allait devoir se dire. Chaque seconde économisées nous éloignait de ce moment fatidique où, d'un commun accord, nous allions mettre fin à cette relation.
Parfois, l'un de nous levait sa tête et regardait avec insistance l'autre qui, percevant un mouvement, se gardait bien de croiser un regard. Le manège avait duré quelque minutes, peut-être quatre ou cinq, pas plus, mais ce jour là, le temps n'avait pas d'importance.
Et puis d'un seul coup, nous levâmes nos yeux l'un vers l'autre, nous nous enlaçâmes et nous pleurâmes. Sans avoir été prononcés, les mots étaient compris.
Cette histoire là, c'est l'inverse de toutes celles que j'ai vécues, qui furent plus teinté de cris et de larmes que de résignation et d'amour. La rupture s'est donc toujours faite dans le drame, et si le drame n'a pas eu lieu immédiatement, c'est indirectement qu'il est apparu.
Je crois que je ne rêve plus aujourd'hui que de choses simples. Ou d'une solitude difficilement conquise, mais synonyme de parfait mensonge, ou bien d'une relation honnête.
Sur la route de Florence, cet été, en avalant les kilomètres nocturnes sur les sombres autoroutes françaises et italiennes, j'aurai tout à loisir de penser, d'y penser, accompagné vraisemblablement de Christian Ferras, au Violon, et de Gundula Janowitz, au chant.
28/07/08 - 01:43
ne te manquera-t-il pas le pilote, le co-pilote ou le DJ ?
zerosix